Merci pour votre réponse qui va dans le sens de mon incompréhension sur ce type de pratique.
Par contre, je n'ai pas idée de quelle serait la situation si je venais à refuser le colis pour ce motif. Selon les articles que vous citez, la livraison n'est pas conforme en terme de procédure. Mais refuser mettrait il pour autant de client en faute, en lieu de demander de mettre le colis en instance le temps de s'entretenir de cette problématique avec le vendeur à distance, sachant très bien que le vendeur ne va pouvoir interférer sur ce que propose son prestataire, sauf à ne plus vouloir continuer à travailler avec lui par la suite apprenant cette irrégularité ?
Je serais un peu prudent avant d'en déduire que vous pourriez refuser la livraison elle-même sans conséquence.
L'article L.216-5 dit bien qu'« un écrit est laissé au consommateur lors de l'entrée en possession du bien », et que cet écrit doit notamment mentionner la possibilité de formuler des réserves.
Donc, si le colis vous est remis sans qu'aucun écrit de ce type ne vous soit laissé, il y a effectivement matière à contester la pratique du professionnel.
En revanche, je ne trouve pas dans ce texte un droit spécifique permettant au consommateur de refuser le colis pour ce seul motif.
Il faut aussi distinguer deux choses qui me paraissent importantes :
* refuser de **signer un texte ou des mentions que l'on ne vous permet pas de lire** ;
* refuser de **prendre possession du colis lui-même**.
Dans le premier cas, votre position me semble parfaitement compréhensible : « Je veux bien confirmer que vous m'avez remis le colis, mais je ne signe pas un document dont je ne peux pas connaître le contenu. »
Dans le second cas, ce serait juridiquement moins évident. La DGCCRF recommande clairement de refuser une marchandise lorsqu'elle est endommagée ou non conforme à la commande, mais je ne trouve pas de disposition disant que l'absence d'affichage du bordereau sur le terminal constitue à elle seule un motif légal de refus de livraison.
D'autant que l'article L.216-5 impose de laisser l'écrit « lors de l'entrée en possession » : tant que vous refusez précisément cette entrée en possession, il devient délicat de soutenir que l'obligation de vous remettre cet écrit a déjà été définitivement méconnue.
À mon avis, si je me retrouvais concrètement dans cette situation, je demanderais donc d'abord au livreur :
« Qu'est-ce que ma signature atteste exactement ? Puis-je lire les mentions associées ? Et quel écrit me laissez-vous pour pouvoir éventuellement formuler des réserves comme le prévoit l'article L.216-5 du Code de la consommation ? »
S'il me répond simplement que la signature atteste la remise du colis, je distinguerais cela d'une signature validant par exemple « colis reçu en parfait état et sans réserve ».
Et s'il ne remet finalement aucun écrit, je prendrais plutôt le colis — sauf s'il est manifestement détérioré — puis je signalerais la pratique au vendeur, voire à SignalConso.
Quant à demander une mise en instance, pourquoi pas si le transporteur l'accepte, mais je ne vois pas de texte obligeant le livreur à immobiliser le colis le temps que le destinataire règle cette question avec le vendeur.
Finalement, le problème le plus solide juridiquement n'est peut-être pas : « ai-je le droit de refuser le colis ? », mais plutôt : « peut-on me demander d'apposer une signature à laquelle on prétendra ensuite faire produire des effets correspondant à des mentions que je n'ai jamais pu lire ? »
Et là, la question devient effectivement beaucoup plus intéressante.