Messagepar Sauvegarde » 18 juil. 2026, 08:19
Bonjour à vous,
La situation est pénible, mais il faut distinguer plusieurs points.
Tout d’abord, votre locataire a parfaitement le droit de s’absenter et elle n’est pas obligée de vous confier ses clés. Même si vous possédez un double, vous ne pouvez pas entrer dans le logement sans son accord. En revanche, elle doit permettre l’accès au logement pour la préparation et la réalisation des travaux nécessaires à son entretien, notamment ceux concernant la ventilation. Elle ne peut donc pas bloquer indéfiniment les travaux en se déclarant indisponible.
Elle n’est toutefois pas obligée de revenir elle-même. Elle peut être présente, confier les clés à une personne de confiance, mandater un proche ou convenir d’une remise temporaire des clés directement à l’entreprise. Ce qui importe juridiquement, ce n’est pas qu’elle vous remette les clés, mais qu’elle rende effectivement l’accès possible.
Il faut maintenant arrêter les simples échanges par SMS et lui adresser une lettre recommandée avec accusé de réception. Cette lettre doit préciser :
– la nature exacte des travaux envisagés ;
– l’entreprise qui doit intervenir ;
– leur durée prévisible ;
– deux ou trois propositions de dates en jours ouvrables ;
– la possibilité pour elle de se faire représenter ;
– le fait qu’en l’absence de réponse ou en cas de refus persistant, vous devrez engager une démarche de conciliation puis, si nécessaire, saisir le juge afin d’obtenir l’accès au logement.
La loi prévoit d’ailleurs que le locataire doit être informé préalablement de la nature et des modalités d’exécution des travaux. Les travaux ne peuvent normalement pas être imposés les samedis, dimanches et jours fériés sans son accord.
En cas de refus persistant, vous ne devez surtout pas entrer de force. Vous pouvez saisir gratuitement un conciliateur de justice, puis demander au juge des contentieux de la protection d’ordonner l’accès au logement. S’il existe un véritable danger immédiat, objectivement établi par un professionnel, une procédure en référé peut éventuellement être envisagée.
En revanche, je serais prudent concernant le prétendu risque d’incendie. Une bouche qui semble aspirer ou rejeter moins d’air, observée depuis l’extérieur, ne suffit pas à établir une surchauffe dangereuse. Une VMC extrait normalement l’air des pièces humides ; son débit ne peut pas sérieusement être évalué depuis le jardin. Il faudrait demander à l’électricien ou à l’entreprise de VMC de confirmer par écrit l’existence d’un danger réel et l’urgence de l’intervention. Sans diagnostic technique écrit, mieux vaut ne pas présenter la situation à la locataire comme un risque imminent d’incendie.
Concernant l’humidité, vous avez déjà plusieurs éléments favorables : nettoyage effectué, rapport d’expertise constatant une VMC fonctionnelle, humidité conforme et température intérieure de 17 °C. Une température aussi basse peut fortement favoriser la condensation sur les parois froides, particulièrement en rez-de-chaussée. Cela ne prouve toutefois pas automatiquement une faute de la locataire. Le logement doit disposer d’une ventilation en bon état permettant l’évacuation de l’humidité, tandis que la locataire doit utiliser et entretenir normalement les équipements.
Sur son absence de trois mois et demi, vous pouvez lui rappeler qu’un bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989 concerne normalement une résidence principale, c’est-à-dire un logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou force majeure. Mais une absence de mi-mai à début septembre ne constitue pas, à elle seule, une preuve suffisante que le logement n’est plus sa résidence principale, surtout si elle invoque une raison professionnelle.
Vous pourriez lui demander courtoisement de confirmer qu’elle occupe toujours le logement à titre de résidence principale. En revanche, lui réclamer son contrat de travail, ses réservations de vacances ou le détail de ses déplacements me semblerait excessif en l’absence d’indices sérieux de sous-location ou d’abandon du logement.
En cas d’incendie, la responsabilité ne dépendrait pas simplement de son absence. Il faudrait déterminer l’origine exacte du sinistre et les éventuelles fautes de chacun. La locataire doit être assurée contre les risques locatifs, notamment l’incendie, l’explosion et le dégât des eaux. Mais si le sinistre provient d’un équipement défectueux dont le remplacement relevait du propriétaire, la responsabilité pourrait au contraire incomber totalement ou partiellement au bailleur.
Enfin, pour un ballon d’eau chaude électrique de 150 litres, il n’existe pas d’obligation légale générale comparable à l’entretien annuel d’une chaudière. Le locataire doit assurer l’entretien courant et les menues réparations : nettoyage, manœuvre régulière du groupe de sécurité, remplacement de petits joints ou clapets si nécessaire. Le décret sur les réparations locatives mentionne notamment le rinçage et le nettoyage des corps de chauffe et tuyauteries. En revanche, le remplacement du ballon, de la résistance, du thermostat ou une réparation importante due à la vétusté reste normalement à la charge du propriétaire.
À votre place, je ferais donc immédiatement trois choses : courrier recommandé de notification des travaux, demande écrite à l’entreprise sur le caractère réellement urgent ou dangereux de la VMC, et conservation de tous les rapports, devis, messages et propositions de rendez-vous. Votre meilleure protection sera de pouvoir démontrer que vous avez réagi rapidement et que l’éventuel retard vient du refus ou de l’indisponibilité de la locataire.