Je souhaite partager mon expérience concernant les investissements immobiliers gérés par la société CGH (Compagnie de Gestion Hôtelière) afin d'alerter les futurs acheteurs sur les risques majeurs de ce modèle.
Mon expérience en tant que propriétaire chez CGH
Je suis moi-même propriétaire d'un appartement géré par CGH. Lors de l'achat, le discours commercial était parfait. Le vendeur n'a mentionné aucun des problèmes futurs. On nous promettait un placement sans souci et une garantie simple : après 20 ans (soit la durée de deux baux commerciaux successifs), l'appartement serait 100 % à nous, libre de tout engagement.
La réalité est très différente.
1. Bloqué pendant 20 ans avec des loyers déconnectés de l'inflation
Le propriétaire se retrouve engagé sur de très longues périodes. Durant ces 20 ans de bail, les revalorisations de loyer proposées par l'exploitant sont très inférieures à l'inflation réelle. En valeur nette, la rentabilité s'effrite année après année.
2. Le piège de l'indemnité d'éviction et le blocage des procédures
Pour sortir du bail à l'échéance et récupérer l'usage de votre appartement, la loi vous oblige à payer une indemnité d'éviction à l'exploitant. Cette somme est considérable : elle représente au minimum 25 % de la valeur du bien, à laquelle s'ajoute l'impact de l'inflation.
Mais le problème majeur avec CGH réside dans la gestion de cette étape :
Refus de chiffrer l'indemnité : CGH refuse systématiquement de fournir un montant d'indemnité d'éviction ou d'engager une négociation amiable transparente.
Des contentieux provoqués délibérément : En bloquant les échanges, CGH provoque systématiquement une procédure judiciaire. Même les propriétaires prêts à offrir une indemnité d'éviction élevée ne peuvent pas mettre fin au bail à l'amiable et se retrouvent traînés au tribunal.
6 ans de procédures pour conserver l'exploitation : L'objectif de cette stratégie est d'exploiter la lenteur de la justice. En épuisant tous les recours légaux (référés, expertises judiciaires, contestations, procédures au fond), CGH garde le contrôle et l'exploitation de l'appartement pendant des procédures qui durent facilement 6 ans.
3. Un bien invendable
Tant que l'appartement reste sous bail commercial, il est quasiment invendable, sauf à accepter une décote financière massive. Les acheteurs informés refusent de reprendre les contraintes de ces baux.
Les programmes à éviter et les sources juridiques
Ce problème concerne les anciennes résidences (comme Les Cimes Blanches à La Rosière ou Les Fermes de Sainte-Foy), mais le modèle reste le même pour les programmes actuellement en vente ou en commercialisation par CGH, parmi lesquels :
Kalystra Lodge & Spa (Les Orres)
Vivaldi Lodge & Spa (Auron)
ÄMÖ Résidence Hôtelière & Spa (Isola 2000)
Sairena (Les Saisies)
Pour vérifier ces éléments, vous pouvez consulter les comptes-rendus de jugements et analyses publiés sur plusieurs blogs d'avocats spécialisés :
Cabinet Traesch Avocat : Articles détaillant les procédures contre CGH sur les résidences Les Cimes Blanches et Les Fermes de Sainte-Foy concernant le calcul des indemnités d'éviction : https://traesch-avocat.fr/residence-de-tourisme-et-etudiante/residence-de-tourisme-cgh-et-indemnite-deviction/
Cabinet Kohen Avocats : Analyses des décisions de cours d'appel fixant les indemnités d'éviction dues à CGH pour des résidences de haute altitude: https://kohenavocats.fr/2026/08/15/bail-commercial-hotel-valeur-locative-methode-hoteliere-indemnite-eviction-fonds-hotel-decheance-droit-ca-2025-2026/
Cabinet Negotium-Avocats : Dossiers explicatifs sur le maintien dans les lieux des exploitants pendant les litiges judiciaires : https://negotium-avocats.com/articles/lindemnite-deviction-dans-les-residences-de-tourisme-enjeux-juridiques-contentieux-et-perspectives-de-reforme.html
En conclusion
N'achetez pas ces programmes : leur rentabilité réelle est presque nulle une fois pris en compte le coût de l'indemnité d'éviction et la faiblesse des loyers.
Si vous voulez vraiment acheter, consultez un avocat spécialisé avant de signer quoi que ce soit. Quelques centaines d'euros d'honoraires ne vous coûteront pas très cher par rapport à l'arnaque dont vous risquez d'être victime. Enfin, si CGH tente de vous rassurer, ne leur faites pas confiance : leurs promesses verbales ne remplacent pas le Code de commerce.





